Depuis 1993, la Conférence des ambassadrices et des ambassadeurs réunit chaque année à Paris l’ensemble des représentants officiels de la France à l’extérieur de nos frontières. Cette rencontre a notamment pour objectif de fixer les axes stratégiques de notre pays en matière de diplomatie. La 31eme session s’est tenue les 8 et 9 janvier derniers avec, entre autres, une rencontre avec le président de la République et les ministres concernées. Parmi les thèmes abordés, ceux de la souveraineté européenne, de la future Présidence française du G7 ainsi que la préparation du sommet Afrique – France. Lesfrancais.press vous propose un résumé de ces deux journées : voici donc l’essentiel à retenir.
Emmanuel Macron fixe les priorités diplomatiques de la France
Garant de l’indépendance nationale de la France, conformément à l’article 5 de la Constitution, le président de la République est également chargé de conduire la politique étrangère et d’assurer la défense nationale (articles 15 et 52). C’est dans ce cadre qu’Emmanuel Macron a réuni, le 8 janvier 2026, les ambassadeurs et ambassadrices afin de dévoiler les grandes orientations de l’agenda diplomatique français pour l’année à venir. Mais pour cette 31ème conférence, pas de longues tirades, des réunions ont été à la place programmée. « Cette année » a dit le chef de l’Etat, il a « décidé de ne pas faire un discours », mais d’organiser « trois tables rondes pour donner des instructions et échanger avec les ambassadrices et ambassadeurs concernés par trois thématiques clés pour l’année qui s’ouvre » (lire le discours d’Emmanuel Macron ici)
« Nous ne sommes pas là pour nous lamenter sur l'état du monde ou pour le commenter. Nous sommes là pour agir. »
Emmanuel Macron, président de la République
Cette rencontre a donc été rythmée par trois réunions de travail thématiques. Dans un contexte marqué par des attaques répétées contre l’Europe, la question de la souveraineté européenne, tant sur le plan économique que sécuritaire, a occupé une place importante. Une seconde conférence a ensuite porté sur la présidence française du G7, avec pour priorités la réduction des déséquilibres macroéconomiques mondiaux et l’accélération de la transition climatique. Enfin, le continent africain a figuré parmi les axes stratégiques de cette journée, avec en ligne de mire la préparation du sommet Afrique‑France prévu à Nairobi, appelé à redéfinir les partenariats entre la France et ses partenaires africains.

Pour autant, à l’issue de ces réunions, le Président de la République est tout de même intervenu devant l’ensemble des ambassadrices et ambassadeurs, au nombre de 178. Emmanuel Macron a notamment fixé un cap : « nous ne sommes pas là pour nous lamenter sur l’état du monde ou pour le commenter. Nous sommes là pour agir. » Et, a-t-il ajouté, « il faut assumer pleinement notre ambition diplomatique dans la partie qui se joue aujourd’hui, qui doit être de défendre nos intérêts, notre influence, et de ne rien céder » Concluant ses propos ainsi « Nous, nous refusons le nouveau colonialisme et le nouvel impérialisme, mais nous, nous refusons aussi la vassalisation et le défaitisme. Nous voulons être des partenaires forts, faire le maximum de ce qu’on peut, mais quand on s’engage, on est là. »
Jean-Noël Barrot : la souveraineté économique, un enjeu majeur
Autre moment au programme de cette 31ème conférence, la rencontre avec le Ministre de l’Europe et des Affaires étrangères. S’exprimant devant les ambassadrices et ambassadeurs de France, Jean-Noël Barrot les a invités à être des « éclaireurs et des sentinelles dans ce monde nouveau ». Reprenant la thématique de mouvement du président de la République, le membre du gouvernement Lecornu a ainsi déclaré : « le monde est entré dans une phase de brutalisation », dans lequel l’inaction n’est pas une option. C’est ainsi que prenant l’exemple de la souveraineté et de la sécurité économique, le locataire du Quai d’Orsay a annoncé la création d’une direction dédiée à ce sujet, remplaçant celle dite de « la diplomatie économique ».
« Le Quai d’Orsay est la première mairie de France »
Jean-Noël Barrot, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères
Devant l’ensemble des ambassadrices et ambassadeurs français, Jean‑Noël Barrot a plaidé pour une diplomatie plus offensive. Le ministre a réaffirmé la détermination de la France à poursuivre son action contre le terrorisme, « du Sahel au Khorassan ». Autre priorité mise en avant, celle de la lutte contre le narcotrafic, érigée au rang d’enjeu diplomatique international majeur. À ce titre, il a annoncé le déploiement d’un plan d’action international, fondé sur le renforcement des accords de coopération en matière de sécurité.

Au-delà des orientations diplomatiques, le ministre est également revenu sur les priorités de modernisation des ambassades et du réseau consulaire, avec un objectif affiché qui est celle de simplifier les démarches pour les Français établis à l’étranger. En 2025, plus de 505 000 titres d’identité et 15 000 documents d’urgence ont été délivrés, faisant du Quai d’Orsay, « la première mairie de France ». Jean‑Noël Barrot a aussi annoncé l’amélioration du vote en ligne pour les élections consulaires de 2026, même si le dernier test grandeur nature n’a pas eu les conclusions attendues. D’ailleurs, un nouvel essai grandeur nature devrait être organisé fin février. (Le discours de Jean-Noël Barrot, Ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, à retrouver ici)
Faire vivre le réseau diplomatique
Présente également au cours de ces journées avec les ambassadrices et ambassadeurs, Éléonore Caroit, Ministre déléguée chargée de la Francophonie et des Partenariats internationaux et des Français de l’étranger a pu échanger avec les diplomates. Pour la représentante des expatriés au sein du gouvernement « l’année 2026 s’ouvre sur de profonds bouleversements et nous sommes tous mobilisés pour accélérer l’impact de notre action ».
« Je salue le travail des femmes et des hommes qui défendent chaque jour nos compatriotes partout dans le monde et font vivre notre réseau diplomatique »
Éléonore Caroit, Ministre déléguée chargée de la Francophonie et des Partenariats internationaux et des Français de l’étranger
Elle a par ailleurs tenu à saluer « le travail des femmes et des hommes qui défendent chaque jour nos compatriotes partout dans le monde et font vivre notre réseau diplomatique. » Les missions conduites à l’étranger devraient prochainement bénéficier d’un nouvel outil de performance, avec la généralisation d’indicateurs d’activité destinés à mieux mesurer l’impact de l’action diplomatique française. Confiant dans la solidité de ce réseau, le mot de la fin revient à Jean‑Noël Barrot qui a déclaré : « à ceux qui croient savoir mieux que nous comment s’y prendre, à ceux qui parfois nous font la leçon : laissez les diplomates faire leur travail. Vous verrez, ça fonctionne. » Espérons que cette promesse soit bien réelle dans les mois à venir.
Auteur/Autrice
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Jérémy Michel est rédacteur en chef adjoint du média Lesfrancais.press. Il est également coach en développement personnel et formateur en communication. Jérémy a auparavant travaillé au sein de diverses institutions politiques françaises et européennes. Il a aussi été en charge des affaires publiques d’un grand groupe spécialisé dans la santé.
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