Dans le cadre de notre série d’interviews consacrée aux élections consulaires 2026 pour les Français de l’étranger, Lesfrancais.press fait étape à Bruxelles pour rencontrer Anthony Bisch, tête de liste « AVEC VOUS, pour l’Union des Français de Belgique ». Rôle des conseillers des Français de l’étranger, fiscalité, protection sociale ou encore accès aux droits, il détaille ses priorités pour mieux défendre les expatriés en Belgique.
À quoi servent les élections consulaires ?
Lesfrancais.press : « Que représentent pour vous les élections consulaires et qu’est-ce qui vous distingue des autres candidatures ? »
Anthony Bisch : « Une élection consulaire, c’est un choix de proximité et de confiance. Voter, c’est désigner celles et ceux qui seront à vos côtés pendant six ans pour vous accompagneront et défendre vos droits. Depuis 2021, en tant qu’élu j’ai fait un choix clair : celui de l’action plutôt que des postures, du dialogue plutôt que des divisions, et du refus de toute compromission avec les extrémismes. Mon engagement est concret : améliorer la vie quotidienne de nos compatriotes et défendre vos droits. Aucun Français ne doit se sentir seul en Belgique.
Ce qui distingue notre liste, « AVEC VOUS » (liste n°3) pour l’Union des Français de Belgique », c’est sa force : celle de femmes et d’hommes engagés et déjà identifiés par les autorités françaises, belges et européennes comme des partenaires fiables. Cette proximité facilitera le dialogue, la remontée des préoccupations de terrain et la défense concrète des intérêts des Françaises et Français de Belgique.
« Aucun Français ne doit se sentir seul en Belgique. »
Anthony Bisch, tête de liste « AVEC VOUS, pour l'Union des Français de Belgique »
Notre force, c’est aussi un collectif solide et identifié. Des élus franco-belges, comme Natacha Duroisin, échevine Les Engagés à Tournai et Yves de Jonghe d’Ardoye, député et bourgmestre MR honoraire d’Ixelles.Des acteurs de terrain, comme Adèle Guyot, conseillère auprès de Boris Dilliès, Ministre-Président de la région Bruxelles-Capitale, Hélène Sion, conseillère CPAS Les Engagés ou encore Joseph Meaux, responsable associatif. La Présidente de l’Union français de l’étranger (UFE), Geneviève Machicote, accompagne nos compatriotes au quotidien en leur fournissant conseils et informations pratiques.
Au lycée français Jean Monnet, Lauriane Merchin, membre UPE du conseil de l’école, se bat contre les hausses massives de frais de scolarité et pour une meilleure inclusion des enfants neuro-atypiques. Isabelle de Villeneuve a accompagné les élèves comme Présidente de l’aumônerie. David Delamarre agit en tant qu’administrateur de l’association des parents d’élèves (APEEE service) de l’école européenne d’Uccle et Maël Kerbaul de celle du Sacré Cœur pour le bien être des enfants.
Aux côtés des entrepreneurs et des indépendants, Michel Troubetzkoi, ancien Président des CCEF, Sebastien Verva, vice-président de la Chambre de commerce et Yves d’Audiffret, Président d’une équipe au sein des Entrepreneurs et Dirigeants chrétiens impulsent une dynamique de soutien à l’activité économique. Isabelle Resplendino, présidente de plusieurs associations, accompagne les personnes en situation de handicap pour que leurs droits soient respectés et pour améliorer leur prise en charge des deux côtés de la frontière. Dans la zone frontalière, Frédéric Melon s’engage, aux côtés des non-résidents, pour lutter contre toutes les discriminations qui les impactent en matière fiscale, social et administratif (double imposition, …) en raison de leur choix de vivre en Belgique.
En Flandre, Agnès Sarrazin, présidente des Français de Gand, propose un lieu de rencontre et de convivialité francophone, ouvert à celles et ceux qui voudraient lier connaissance, se distraire, participer à des activités. Me Amira Miled, défend les femmes victimes de violence et s’engage bénévolement au sein de la bienfaisance de Bruxelles.
Au sein des institutions de l’Union européenne, nos colistiers agissent sur des secteurs clefs. Jean du Chaffaut sur les questions sociales, Claude-Edouard Crochet sur les dossiers de commercial international et d’agriculture et Eline Chivot sur les technologies numériques. Tous contribuent. Sonia-Sarah Bakrim fait rayonner la France dans le sport, en particulier le rugby et en promouvant ses territoires ultramarins auprès des institutions européennes. Pierre Ortiz, président des Officiers français de Belgique et du Pôle Bruxellois de l’IHEDN et Nicolas Giacometti, réserviste citoyen, fédèrent les compatriotes attachés aux questions de défense.
Valérie Lavrut fait rayonner la culture française en tant qu’artiste peintre cotée. Voter pour la liste n°3, c’est choisir une équipe connue, accessible et déjà à l’œuvre, une équipe qui agit, et qui veut aller plus loin avec l’ensemble des Françaises et Français de Belgique. »
Lesfrancais.press : « Certains critiquent l’utilité même des conseillers des Français de l’étranger, jugés peu visibles et peu influents. Que répondez-vous à ceux qui estiment que ce mandat est inefficace ? »
Anthony Bisch : « C’est une critique qui existe, mais elle passe à côté de la réalité du terrain. Être élu Conseiller, c’est d’abord être au service bénévole de chaque Française et Français de Belgique. C’est les représenter auprès de l’ambassade et du consulat, et porter leur voix sur des sujets très concrets : emploi, santé, éducation, sécurité ou fiscalité. Se priver de représentants, c’est renoncer à se faire entendre des instances nationales. Et surtout, tout dépend de l’engagement de l’élu. Un conseiller présent dont l’action repose sur la proximité avec ses interlocuteurs et le travail de fond obtient des résultats.
« C’est cela, l’utilité d’un conseiller : alerter, mobiliser et vous défendre. »
Anthony Bisch, tête de liste « AVEC VOUS, pour l'Union des Français de Belgique »
Prenons un exemple concret. En octobre 2025, une proposition visant à instaurer un impôt fondé sur la nationalité , synonyme de double imposition pour nos compatriotes, a été adoptée en commission des finances de l’assemblée nationale par une alliance allant d’Ecolo à LFI et au RN, tandis que les socialistes s’abstenaient. Face à cette coalition anti-français de l’étranger, nous avons mobilisé nos parlementaires. Cette mesure aurait pu passer. Elle a finalement été rejetée à une voix près. C’est cela, l’utilité d’un conseiller : alerter, mobiliser et vous défendre. Voter pour un élu indépendant, qui défend vos droits sans compromis, c’est rendre votre vote utile. Je n’ai jamais hésité à faire bouger les lignes, y compris au sein de ma propre famille politique. Je ne dépends de personne : je suis libre, et pleinement au service de mes compatriotes. »
Quelles propositions pour les expatriés ?
Lesfrancais.press : « Quelles sont alors vos deux ou trois priorités principales pour les Françaises et Français de votre circonscription ? »
Anthony Bisch : « Mes priorités sont claires : protéger, simplifier et faire en sorte que les Français de Belgique aient les mêmes droits que sur le territoire national.
D’abord, protéger et garantir l’égalité des droits. Aujourd’hui, trop de nos compatriotes sont confrontés à des injustices concrètes : fiscalité complexe pour les travailleurs transfrontaliers, difficultés lors d’un retour en France, ou encore ruptures dans l’accès aux droits sociaux.
Je veux défendre une véritable égalité de traitement, améliorer la continuité des droits entre la Belgique et la France et protéger les plus vulnérables, notamment les personnes en situation de handicap, les étudiants et les retraités, souvent confrontés à un manque d’information et des démarches administratives lourdes.

Ensuite, simplifier la vie quotidienne et renforcer la protection sociale. Trop souvent, la démarche administrative apparaît complexe au citoyen. Je défends un renforcement de la dématérialisation des démarches consulaires pour permettre un recentrage des moyens sur un meilleur accompagnement des situations individuelles complexes ainsi qu’un renforcement des tournées consulaires en province. Dans ce cadre, le rôle des consuls honoraires, souvent en première ligne, doit être mieux valorisé et dotés de moyens adaptés pour accompagner efficacement nos compatriotes dans les démarches administratives. Il faut aussi garantir un accès réel aux aides : des bourses scolaires plus justes avec des critères revus, un meilleur soutien aux étudiants et aux familles, et un appui renforcé aux associations qui sont en première ligne sur le terrain.
Enfin, faire rayonner la France à travers l’enseignement, l’économie et la culture. Cela passe par un lycée français Jean Monnet plus accessible, avec des bourses mieux adaptées pour renforcer la mixité sociale, mais aussi par une meilleure attractivité pour les enseignants. Je défends également une véritable résidence de repli, non soumis à l’impôt sur les résidences secondaires, pour permettre à chacun de revenir en France dans des conditions dignes et de garder le lien avec son territoire.
Nos entrepreneurs participent pleinement au dynamisme français : il faut les accompagner davantage au travers des réseaux existant (CCI, French tech…) Enfin, il est essentiel de renforcer l’accès à la langue et à la culture françaises, aujourd’hui, certains dispositifs comme le pass culture restent inaccessibles, ce qui n’est pas acceptable, notamment pour les jeunes en Flandre. Ce rayonnement ne peut se concevoir sans le renforcement de la présence française au sien des institutions européennes au travers d’un soutien adapté et individualisé. Mon objectif est simple : des droits effectifs, des démarches simples et des résultats concrets pour les Français de Belgique. »
Lesfrancais.press : « La France, ses institutions et son administration vous semblent-elles bien appréhender la réalité vécue aujourd’hui par les Français de l’étranger ?
Anthony Bisch : « Pas suffisamment. Il existe encore un décalage réel entre les décisions prises à Paris et la réalité vécue par les Français de Belgique. Sur le terrain, nos compatriotes font face à des inégalités et à des discriminations persistantes, notamment en matière de santé, de fiscalité, de protection sociale, de retraite ou encore de retour en France. Prenons un exemple concret : le lycée français Jean Monnet. Le transfert d’une part importante des cotisations retraites des enseignants vers les établissements n’est pas une décision locale, mais un choix politique assumé à Paris. Là-bas, on parle d’équilibre budgétaire ; ici, à Bruxelles, des familles doivent faire des choix difficiles, parfois choisir quel enfant pourra continuer sa scolarité, ou renoncer. Cette réforme a été décidée sans concertation avec les élus locaux ni avec les représentants de la communauté éducative. Autre illustration : le plan Cap 2030, censé doubler les effectifs de l’enseignement français à l’étranger. Sur le terrain, c’est un échec. On veut doubler les effectifs et en même temps on contribue à augmenter les frais de scolarité. Le « en-même temps » ne fonctionne pas.
« Beaucoup de Français de Belgique connaissent encore mal le rôle des Conseillers des Français de l’étranger. C’est un mandat utile, mais trop discret, et donc trop souvent sous-estimé. »
Anthony Bisch, tête de liste « AVEC VOUS, pour l'Union des Français de Belgique »
Autre exemple, les moratoires qui limitent la prise en charge des adultes et des enfants en situation de handicap en Belgique ont été imposés sans solution alternative équivalente en France. Voilà la réalité. Voilà ce décalage que je dénonce. Dans ce contexte, je tiens aussi à saluer le professionnalisme et l’engagement des équipes, fonctionnaires et recrutés ; locaux de l’ambassade, du consulat, des Alliances françaises et du lycée Jean Monnet. Malgré des moyens insuffisants, elles assurent le service public au quotidien. Car c’est bien là le cœur du problème : des moyens et des effectifs qui ne sont pas à la hauteur des missions, alors même que les Français de Belgique contribuent au budget de l’État. Mon engagement est clair : porter ces réalités au niveau national, avec détermination, pour faire évoluer les règles et mettre fin à ces injustices. »
Comment éviter une forte abstention ?
Lesfrancais.press : « Malgré la possibilité de voter par internet pour les élections consulaires, l’abstention reste très élevée. Est-ce selon vous un problème d’information, de confiance… Ou un désintérêt pour ces élections ? Quelles actions concrètes envisagez-vous pour changer cette situation dans votre circonscription ? »
Anthony Bisch : « L’enjeu est clair : il ne suffit pas de rendre le vote possible. L’abstention est le résultat d’un manque d’information, un déficit de confiance et, d’un défaut de visibilité des résultats obtenus. Beaucoup de Français de Belgique connaissent encore mal le rôle des Conseillers des Français de l’étranger. C’est un mandat utile, mais trop discret, et donc trop souvent sous-estimé. Pour cela, il faut agir à deux niveaux.
D’abord, renforcer les pouvoirs des conseillers consulaires. Aujourd’hui, il est incompréhensible que des décisions qui impactent la vie locale (subventions STAFE aux associations, attribution de bourse…) soient prises à Paris plutôt que par les élus de terrain. Il faut faire confiance à ceux qui connaissent les réalités locales. Ensuite, donner plus de moyens et de visibilité à ces élus. Être présent, informer régulièrement, rendre des comptes, aller au contact : c’est ainsi que l’on crée du lien et de la confiance. »
Pour les élections consulaires concernant les Français de la circonscription de Belgique, 9 conseillers des Français de l’étranger sont à élire et 11 délégués consulaires. Le scrutin se tiendra du 22 au 27 mai (12h heure de Paris) par Internet, et le 31 mai à l’urne.
10 listes ont été déposées, voici l’ordre de présentation après le tirage au sort (cliquez ici)
- Tous bien intégrés en Belgique – MoDem, centristes, humanistes et Européens engagés / Pierre-Luc Vervandier
- Alliance européenne citoyenne / Valérie Chartrain
- AVEC VOUS, pour l’Union des Français de Belgique / Anthony Bisch
- La Belgique en commun / Raphaël Avanzi
- Plus forts ensemble ! Liste soutenue par Renaissance, Horizons, des Indépendant(e)s et des personnes engagées à vos côtés / Maxime Lelièvre
- Rassemblement des Patriotes / Frédéric Cerdobbel
- Ecologistes, solidaires et féministes au cœur de l’Europe / Bertrand Wert
- Debout ! La sociale-écologie à votre service, à votre écoute vers la transition ! / Renaud Avisse
- Unis à gauche pour les Françaises et les Français de Belgique / Cécilia Gondard
- Union des Patriotes pour les Français de Belgique / Sandrine Golder
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